C’est une mesure forte qui entre en vigueur demain en Charente-Maritime. Après un mois de prévention, l’usage du téléphone au volant pourra désormais entraîner une suspension immédiate du permis de conduire. Objectif : mettre fin à une habitude encore trop banalisée, mais particulièrement dangereuse.
En Charente-Maritime, les autorités passent à la vitesse supérieure contre l’usage du téléphone au volant. Malgré les contrôles renforcés et le durcissement des sanctions, l’accidentalité routière demeure toujours trop élevée sur le territoire. Et un facteur est clairement identifié : le téléphone portable. Il est impliqué dans 15 % des accidents mortels, soit 7 décès sur 45 en 2025. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : téléphoner en conduisant multiplie par 3 le risque d’accidents. Lire un message, par 23. Et dans tous les cas, le temps de réaction est fortement dégradé.
Face à ce constat, le préfet de la Charente-Maritime Brice Blondel et les procureurs de La Rochelle et de Saintes, Arnaud Laraize et Benjamin Alla, ont décidé de durcir le ton. Inspirée d’une mesure déjà appliquée dans les Landes, la nouvelle règle est claire : toute utilisation du téléphone au volant pourra entraîner une suspension administrative du permis, jusqu’à six mois.
Un dispositif en deux temps a été mis en place. En avril, les conducteurs contrôlés recevaient encore un avertissement par courrier, en plus de l’amende de 135 euros et du retrait de 3 points. À partir du 1er mai, la sanction change de nature : la suspension devient possible immédiatement. Au pénal, une contribution de 200 euros à une association d’aide aux victimes pourra également être imposée.
Une mesure de fermeté assumée, pour tenter de faire reculer un comportement encore trop souvent banalisé sur les routes du département.