La mobilisation lycéenne se poursuit aujourd’hui en France. Les cours sont suspendus dans plus de 400 lycées, selon le ministère de l’Éducation nationale. À la veille d’une nouvelle journée d’action, les appels à la mobilisation se multiplient sur les réseaux sociaux et une forte participation est attendue demain partout dans le pays. En Charente-Maritime, des cours sont banalisés ce matin au lycée Saint-Exupéry de La Rochelle. Et puis à Rochefort, un blocus est annoncé dès ce lundi matin au lycée Merleau-Ponty. L’établissement, qui accueille près de 1 400 élèves, se prépare à d’éventuels débordements. La police sera présente aux abords du lycée pour assurer la sécurité. Vendredi, la proviseure a indiqué aux familles, qui préfèrent garder leur enfant à domicile pour des raisons de sécurité, peuvent le faire, à condition de prévenir l’établissement.
Vendredi, la journée a été marquée par plusieurs incidents, notamment à La Rochelle où environ 300 jeunes se sont rassemblés devant le lycée Léonce-Vieljeux, avec des jets de projectiles contre les forces de l’ordre et plusieurs départs de feu. Des tentatives d’intrusion ont également eu lieu aux lycées Valin et Doriole. Au total, neuf mineurs ont été interpellés, dont sept à La Rochelle. Plusieurs ont été placés en garde à vue, avant d’être relâchés. La préfecture reconduit ce lundi les mesures d’interdiction concernant notamment le port d’objets pouvant constituer une arme, les artifices et certains équipements de protection.
Plusieurs syndicats de Charente-Maritime apportent leur soutien à la mobilisation lycéenne. La CGT, FO et la FSU ont dénoncé les violences policières qu’elles affirment avoir constatées la semaine dernière. La CGT indique qu’un de ses militants a été blessé par un tir de lanceur de balles de défense alors qu’il protégeait un lycéen. FO dénonce les interventions policières devant le lycée Dautet, à La Rochelle, et demande notamment l’abandon des poursuites. De son côté, la FSU réclame l’absence de sanctions contre les jeunes mobilisés. Les trois organisations relaient les revendications portant sur le manque de moyens dans l’Éducation nationale, les conditions d’étude et l’accès à l’enseignement supérieur. FO annonce un préavis de grève pour couvrir les initiatives des personnels, tandis que la FSU envisage de nouvelles actions dans l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur.

